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Histoire de la Cathédrale

 

 

BASILIQUE

SAINTE-ANNE D’APT
ANCIENNE CATHEDRALE SAINTE-MARIE
(texte de Claude Pion)

 

La Cathédrale Sainte Anne à APT

 


 

Plan de la Cathédrale

(cliquez pour agrandir)

 

 

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Apt a été le siège d’un évêché, depuis les tous premiers siècles du christianisme

jusqu’à sa suppression par le Concordat de 1801.


La cathédrale actuelle est construite, d’après la tradition,

sur l’emplacement où fut enseveli saint Auspice qui subit le martyr au milieu du IIIe siècle.


Au Ve siècle, on connaît l’évêché d’Apt grâce aux textes de saint Jean Cassien de Marseille, qui écrivit les

‘’ Institutions Cénobitiques ‘’ à la demande de saint Castor, évêque d’Apt.
Une première cathédrale du VIIIe siècle fut détruite au Xe siècle par les Sarrasins.
La cathédrale actuelle, commencée au XIe siècle, ne sera achevée que vers la fin du XIIe.

Elle est dédiée à Notre Dame de l’Assomption.

 

 

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LA CRYPTE INFERIEURE

 

Dalle du Plafond de la Crypte Inférieure (VIIIe)

Premier sanctuaire qui se trouve au milieu de la ville romaine.

Elle servit de sépulture au moment des grandes invasions.

On y voit une stèle avec des inscriptions latines.
Au moment des travaux du XIe siècle, on a percé des niches dans lesquelles

sont déposées les reliques de saint Auspice, de saint Martian, puis de sainte Anne.
Dans le plafond, en réemploi, des dalles de chancel du VIIIe siècle

qui se trouvaient dans l’église détruite au Xe siècle.


LA CRYPTE SUPERIEURE

Du XIe siècle à entrées latérales. Un escalier central a remplacé ces entrées.
Au centre, un petit cœur couvert d’un cul-de-four, séparé du déambulatoire par un mur percé d’arcatures ébrasées

côté déambulatoire. Celui-ci est couvert d’un berceau en plein cintre, soutenu par des doubleaux

qui s’appuient sur des impostes sans décor. Dans les arcades, le long du mur, des sarcophages du XIIIe siècle.

Un autel tabulaire du VIIIe siècle, provenant de l’église saint Pierre.

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L‘EGLISE

Au moment de la construction, il n’y avait que deux nefs de trois travées,

communiquant entre elles par de grandes arcades. Ces arcades se trouvent entre de très gros piliers,

qui en vérité, sont les contreforts des deux nefs.

On trouve les mêmes contreforts du côté Nord.
Les diverses transformations qu’ont subies cette nef et la façade Ouest de l’église,

ne permettent pas de donner une figure exacte de ce qu’elle fut à l’époque romane.


LA NEF SUD

Seule à conserver son caractère purement roman, elle est couverte d’un berceau en plein cintre,

soutenu par des doubleaux. Au départ de la voûte, une frise sculptée,

composée de végétaux, la seule décoration sculptée de l’église, apparemment très dépouillée.
Plusieurs marches permettent d’accéder au sanctuaire.

L’abside sans décoration est séparée de la nef par un berceau transversal, où l’on retrouve la même frise.
Un autel en marbre blanc dont la sculpture est très influencée par le décor des sarcophages paléochrétiens.
La fenêtre de l’abside a été bouchée par les constructions du XVIIIe siècle.

 

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LA NEF CENTRALE

Grand nef. De la nef romane primitive, on n’a rien conservé.

Seul le sanctuaire a gardé sa coupole octogonale sur trompes. Dans les trompes, symboles des évangélistes.

Le passage du plan barlong au plan carré se fait par deux arcades.
La couverture de la nef, refaite au XVIIIe siècle, a été surélevée de deux mètres

pour permettre l’ouverture de grandes fenêtres.
A la même époque l’abside romane est détruite et remplacée par un grand chœur.

Stalles du Chapitre, peu décorées et suite de tableaux des frères Delpech (milieu XVIIIe) retraçant la vie de la Vierge.

Dans la fenêtre centrale, vitrail représentant Sainte Anne, la Vierge et l’Enfant Jésus (début XVIe).

Le sanctuaire a été décoré à la même époque. Le buffet d’orgue, les boiseries, les ferronneries des balcons,

ainsi que l’autel majeur en marbre, don de l’évêque Mgr de Vaccon, sont du XVIIIe siècle.
De chaque côté de l’arc triomphal, deux statues en bois doré (fin du XVIIe) :saint Roch et saint Jérôme.

A gauche, en regardant le chœur, une Annonciation, copie XVIIe d’un tableau de XVe, se trouvant à Florence,

dans l’église de l’Annonciade.
Les tableaux de la nef sont tous du milieu du XVIIIe siècle et des frères Delpech.

On trouve également dans l’église, sur le premier pilier de droite, en entrant,

un tableau de Nicolas Mignard représentant Sainte Anne, Saint Joachim,

La Vierge, Saint Joseph, l’Enfant Jésus et Saint Jean-Baptiste.
Sur le pilier de gauche, un ex-voto, don des Consuls de Villeneuve-Saint-André (Les Avignon)

en remerciement à Sainte Anne pour son intervention lors de l’épidémie de peste au XVIIe siècle.
En face, un tableau de Lelong(XVIIe) représentant la Vierge portée par des anges

venant prier sur la tombe de sa mère (Anne), entourée des saints Aptésiens.

 

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LA NEF NORD

Construite au XIVe siècle et couverte en croisée d’ogives.

On y voit un autel en bois doré avec des médaillons peints par L’Aragon (début XVIIe).
Plusieurs chapelles, l’une couverte d’une coupole ovale (début XVIIIe) conserve le buste de Mgr de Cely,

dernier évêque d’Apt.
Dans la chapelle suivante un sarcophage (fin IVe) avec sur la face principale un Christ imberbe.

Sur le mur, une icône représentant Saint Jean-Baptiste, avec à ses pieds

un chevalier de l’Ordre des Hospitaliers (Rhodes, XVIe).
Au couchant, une grande fenêtre en rosace avec les armes des Simiane d’Agoult (début XVe).


LA CHAPELLE SAINTE-ANNE

Se trouve à gauche en rentrant dans l’église. Construite au XVIIe sur les plans de Royers de la Valfenière.
La nef carrée est surmontée d’une coupole au dessus de laquelle se trouve depuis 1876 une statue de sainte Anne.
A l’intérieur dans les angles, les Evangélistes, des ex-votos des XIXe et XXe siècles,

un monument aux morts de la guerre 1914-1918. Statue de sainte Anne et la Vierge en albâtre de Bronzino (XIXe).
Dans le chœur, un plafond à caissons, des gypseries avec colonnes engagées et dorées,

quatre niches dans lesquelles se trouvent des statues en bois doré représentant les évêques d’Apt (XVIIe).
Dans une de ces niches, un bras reliquaire de sainte Anne par Armand Caillet (XIXe).
La grande niche est surmontée d’un fronton dans lequel est placé un tableau de l’Assomption.
La niche est fermée par une grille et par des volets peints (début XVIIe),

représentant la vie de sainte Anne et de Saint Joachim.
Une lourde grille (XVIIe) protége les reliques. On y voit les bustes de Sainte Anne,

de Saint Auspice et de Saint Castor (XIXe), ainsi que plusieurs autres reliquaires.

 

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LE TRESOR

Ancienne sacristie de la chapelle. Il contient entre autres, le manteau d’un calife arabe du XIe siècle,

une châsse en émaux de Limoges, fin du XIIe siècle.

Un tableau représentant l’enterrement de la bienheureuse Delphine (XVe),

des chasubles brodées (XVIIe) offertes par Anne d’Autriche lors de sa venue à Apt en 1660,

ainsi que divers coffres et ornements liturgiques.


LA CATHEDRALE
SIEGE D’ UN EVECHE

Apt est un des plus anciens évêchés de la Province Ecclésiastique d’Aix. Au concile d’Arles de 314,

l’évêque d’Apt était représenté par Romanus et Victor, prêtre et exorciste.
Par la suite les évêques eux-mêmes assistent à plusieurs conciles :

en 439, Julius à Riez ; en 549, Clémentius à Orléans ; en 585, Pappus à Mâcon.

Suit la période sombre des vagues d’invasions successives qui déferlent sur la Provence.
Deux évêques très importants pour l’Eglise d’Apt :saint Etienne (XIe), qui fit reconstruire la cathédrale actuelle

à la suite d’un voyage en Terre sainte ; et Hugues Bot, à qui on doit la nef du XIVe siècle.
Au XVIIe, Modeste de Villeneuve des Arcs entreprit la construction de la chapelle Sainte-Anne.

Jean de Gaillard, son successeur, en fit faire la décoration. Tous deux sont ensevelis dans le chœur de la chapelle.

Mgr de Gaillard a fait également reconstruire et décorer la chapelle Sainte-Catherine.
Jean Baptiste de Vaccon fonda pour les jeunes filles pauvres la maison de la Providence.
Le dernier évêque résidant à Apt fut Michel Eon de Cely, mort à Marseille le 6 décembre 1815.

Depuis le concordat de 1801, l’Evêché supprimé, Apt est rattaché à l’Archidiocèse d’Avignon.

 

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LE CHAPITRE

Un chapitre entourait nos évêques dont la fonction était de prier et d’assurer la liturgie dans la cathédrale,

dont il avait aussi la charge matérielle en finançant une partie des travaux et en assurant son entretien.
Le chapitre se composait de 12 chanoines, un prévôt, 13 clercs prébendiers.

Ce statut très particulier datait de 1277 à la suite de la réunion en la cathédrale Sainte-Marie

des deux chapitres Saint-Pierre et Saint-Castor.
Les prêtres qui composaient le chapitre étaient très souvent des érudits licenciés en théologie,

mais aussi en droit romain. Plusieurs furent évêques.
Le dernier nous est mieux connu, c’est Antoine Mery de la Canorgue, élu le 26 mai 1749 à la Prévôté.

Il exerça jusqu’à la Révolution et mourut en 1794.


LE CULTE

L’ancienne cathédrale d’Apt a été honorée du titre de Basilique Mineure en 1877,

car elle possède des reliques de sainte Anne.
Sainte Anne est la patronne de la ville depuis 1373, où ce titre lui fut donné,

après qu’elle eût accordé sa protection à la ville au moment d’une épidémie de peste.
On la fête le dimanche qui suit le 26 juillet, jour de la fête de sainte Anne et saint Joachim, parents de la Vierge Marie.
La solennité du dimanche est précédée d’un triduum de prières les mercredi, jeudi et vendredi.
 

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